LA VIE EST UN VOYAGE  

        

   CHAQUE ESCALE Y A SON LOT DE  RICHESSES  .

 

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il était une fois....

....un roi, nommé Byzas,  qui consulta l'Oracle de Delphes : "Quand tu trouveras le Pays des aveugles, arrête-toi et ouvre les yeux ! Là sera ce que tu recherches !" lui assura la prêtresse .

Suivant ces conseils , Byzas partit avec d'autres colons de Mégare. Longeant les rives du Bosphore,  il remarqua la colonie de Chalcédoine installée sur la rive asiatique, ainsi que le superbe port naturel juste en face, sur la rive européenne : "c'est  là, bien-sûr" se dit Byzas, "le Pays des aveugles dont parlait la grande prêtresse,  puisque ses habitants n'ont pas vu l'intérêt  qu'offre le site de l'autre rive!" et  c'est donc sur ce  promontoire de la rive européenne, site stratégique idéal, que le roi Byzas fonda BYZANTION.

C'est ainsi que naquit cette ville appelée au fil des siècles :

"BYZANCE / CONSTANTINOPLE / ISTANBUL

ACCES DIRECT au Palais de Topkapi : première porte  ;  deuxième porte  ; troisième porte 

 

Pierre Loti .Constantinople

"Oh ! Stamboul ! De tous les noms qui m'enchantent encore, c'est toujours celui-là le plus magique. [...] Aucune capitale n'est plus diverse par elle-même, ni surtout plus changeante d'heure en heure, avec les aspects du ciel, avec les vents et les nuages - dans ce climat qui a des étés brûlants et une admirable lumière, mais qui, par contre, a des hivers assombris, des pluies, des manteaux de neige tout à coup jetés sur ses milliers de toits noirs. Et ces rues, ces places, ces banlieues de Constantinople, il me semble qu'elles sont un peu à moi, comme aussi je leur appartiens."

Théophile Gautier, Constantinople  1853

Cette vue est si étrangement belle, que l'on doute de sa réalité. On croirait avoir devant soi une de ces toiles d'opéra faites pour la décoration de quelque féerie d'Orient et baignées, par la fantaisie du peintre et le rayonnement des rampes de gaz, des impossibles lueurs de l'apothéose.
Le palais de Seraï-Bournou avec ses toits chinois, ses murailles blanches crénelées, ses kiosques treillagés, ses jardins de cyprès, de pins parasols, de sycomores et de platanes ; la mosquée du sultan Achmet, arrondissant sa coupole entre ses six minarets pareils à des mâts d'ivoire ; Sainte-Sophie, élevant son dôme byzantin sur d'épais contreforts rayés transversalement d'assises blanches et roses, et flanquée de quatre minarets ; la mosquée de Bayezid, sur laquelle planent comme un nuage des bouffées de colombes ; Yeni-Djami ; la tour du Séraskier, immense colonne creuse qui porte à son chapiteau un stylite perpétuel guettant l'incendie à tous les points de l'horizon ; la Suléimanieh avec son élégance arabe, son dôme pareil à un casque d'acier, se dessinent en traits de lumière sur un fond de teintes bleuâtres, nacrées, opalines, d'une inconcevable finesse, et forme un tableau qui semble plutôt appartenir aux mirages de la fata Morgana qu'à la prosaïque réalité.

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Palais de Topkapi
Mosquée Bleue
Sainte Sophie

Nedim Gürsel, écrivain turc né en 1951, est l’auteur d’une vingtaine de romans, nouvelles, récits de voyage et essais, traduits dans une dizaine de langues, parmi lesquels Un Long été à Istanbul (Editions Gallimard, 1980
Istanbul habite la plupart de mes œuvres. Mon dernier roman paru en France commence ainsi: «Longtemps, je me suis levé de bonne heure. C’était là-bas, sur la rive asiatique du Bosphore, dans ma ville bien-aimée qui m’a suivi partout et dont le souvenir, tel un fer rouge, est à jamais planté dans ma mémoire.» Que puis-je écrire de nouveau sur Istanbul, moi l’écrivain turc qui habite Paris, sinon cette lancinante nostalgie que j’endure loin d’elle et pour elle? Le front penché sur des feuilles blanches, je l’imagine, l’invente par l’écriture.
Peu à peu, elle se découpe dans la lumière de la lampe. Sa fameuse silhouette émerge discrètement avec ses longs minarets, ses coupoles de plomb, ses donjons, ses murailles, ses tours, ses gratte-ciel. Je vois les murs lépreux, les pigeons; je ressens la fraîcheur d’un café près de la

cour d’une mosquée. Je m’imagine dans un taxi. L’eau du Bosphore, profonde, bleu foncé, s’écoule tout près de moi. Les arbres se multiplient à mesure que la route rétrécit. Des paquebots grands comme des villes passent à toute allure, poursuivis par des mouettes. Ils laissent dans leur sillage des tourbillons d’écume. Fendant la mousse étincelante de blancheur, caïques et cormorans se balancent sur l’eau. Les maisons de bois et les bâtisses en béton semblent encastrées les unes dans les autres. De temps en temps, les fenêtres enténébrées d’un vieux yali1 décrépi défilent derrière la vitre.Ensuite, de hauts murs de jardin, d’étroites venelles dégringolant vers la mer, des arbres et encore des arbres. Passent des filets à poisson qui sèchent au soleil, de petits bacs tout blancs,de barques de pêcheurs.
Au moment le plus imprévu, à un tournant ou à un carrefour, des tombes surgissent devant moi Je sais que c’est là, dans une de ces tombes en désuétude, que je me reposerai un jour. Mais je suis à Paris pour le moment et je vis, Dieu merci. Alors je m’imagine sur la place de Karaköy, assis à une table dans un café tout près du marché aux poissons. Le marché est plus animé que jamais. Les passants affluent vers le pont de Galata, avec des filets à la main regorgeant de victuailles: légumes de saison, poissons dans des sacs en plastique, fruits secs, viandes fumées, fromages et salaisons que l’on devine sous les emballages. Les poissonniers s’égosillent, les clients se pressent, les têtes de poisson sanguinolentes tombent dans l’eau. Les têtes de thon, de bar, de maquereau tombent au milieu des pommes pourries, des feuilles de chou et de poireau. Assis au café à l’angle du marché, je regarde
   la foule grossir dans la fraîcheur du soir. Les filets à provisions sont pleins à craquer. La circulation est bloquée sur la place de Karaköy. Les voitures de louage se serrent de près. Les piétons  tentent de se frayer un chemin entre les autobus, les camions, les charrettes, les marchands ambulants. Tous, les cheveux en désordre, ont l’air affolé. De ma place, j’aperçois les gens entassés  dans les autobus, les visages gluants de sueur, immobiles, alignés comme des harengs, les voyageurs du samedi qui, le regard éteint, patiemment, attendent. Les vieilles Ford, les Chevrolet, les Plymouth, les Buick sont bondées. Accablées de fatigue, les têtes humaines restent impassibles dans ces boîtes sans air, aux portières hermétiquement fermées. Je veux reprendre haleine. Respirer l’air de la mer, les vagues écumantes qui grondent dans l’immensité bleue. Je suis envahi par une puanteur d’huile brûlée, de sueur, d’urine. Je détourne les yeux de la place de Karaköy et regarde à gauche l’autre rive de la Corne d’Or.
D’un seul coup, le spectacle change. La scène semble s’élargir. Je vois des nuages s’effilocher à toute vitesse dans le vent du Sud. La tour de Bayezit, toute droite, s’éloigne progressivement dans la lumière cendreuse. Je peux distinguer au loin les minarets pointus de la mosquée de Soliman, les lourdes coupoles écrasant les vieilles demeures, les cageots empilés qui forment un mur devant la halle. 
Les pigeons de la Mosquée neuve, petites taches noires, découpent le ciel. S’envolant de la cour de la mosquée, ils viennent se poser sur les murs noircis et les auvents du Bazar égyptien. Curieusement, l’autre rive paraît plus tranquille. Mais le marché aux poissons, lui, fait un vacarme assourdissant. Dans un ondoiement de couleurs, les bateaux de pêche amarrés au quai flottent sur l’eau immonde. Des lambeaux de chiffons graisseux, des cadavres de mouettes recouvrent la Corne d’Or.

Le bac d’Eyüp a accosté au pont de Galata et déverse ses voyageurs. Une épaisse fumée s’échappe de la cheminée. La suie pleut sur les grappes de raisin, sur les pommes astiquées des étals, sur les vieux fonctionnaires assis dans les cafés du pont, qui fument le narguilé en égrenant leurs chapelets. Se balancent les vedettes de police, les tartanes, les gabares ventrues. Se balance la barque du pêcheur

 qui vend du poisson près de l’embarcadère. Les têtes de poisson coupées m’écœurent. Alors je me lève pour aller dans un quartier plus calme.
Me voilà de nouveau dans les rues. Pendant que je déambule devant les maisons en bois aux grilles de fer, j’ai la sensation de vivre dans un rêve lointain. Comme si j’étais en dehors de la ville, en un lieu inconnu et inaccessible, face à un décor de théâtre au-delà duquel on ne peut aller. Parfois des voitures passent, parfois aussi des marchands de rue. «Chiffonnier! Brocante!», lâche l’un d’entre eux. Un autre crie qu’il vend des pastèques ou, en traînant sur le o, ne prononce pas «tomates» mais «toumates». Et aussi «Poivrons! Aubergines! Frisées! Romaines! Gombos!» Les cris d’antan, d’un Istanbul que j’avais oublié. Venus d’un monde irréel. D’un monde que je ne peux plus atteindre même si j’y vais.
Oui, je suis à Paris et comme le grand poète turc Orhan Veli, mort à 35 ans là-bas, «j’écoute Istanbul les yeux fermés». Et les vers d’un autre poète d’Istanbul dont le nom me brûle encore les lèvres et à qui échouèrent en abondance séparations et nostalgies me viennent à l’esprit: «Deux choses ne s’oublient qu’avec la mort : Le visage de notre mère et celui de notre ville».
 

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